L'histoire d'amour entre NVIDIA et l'IA n'est plus à prouver, et sa prochaine version de sa technologie d'upscaling phare, le DLSS 5, présenté en mars dernier, en est le dernier exemple le plus frappant. Au lieu d'utiliser l'intelligence artificielle pour suréchantillonner la résolution d'un jeu, la prochaine itération du Deep Learning Super Sampling va grossièrement utiliser un modèle d'IA pour rendre « photoréaliste l'éclairage et les matériaux », dixit la société au caméléon vert. Beaucoup y ont plutôt vu l'application d'un filtre « AI Slop » portant dangereusement atteinte à la direction artistique des jeux ainsi modifiés. Une version précoce de la technologie a récemment leaké, et les joueurs ont pu la tester sur différents titres et mieux constater de son impact par eux-mêmes.

Des premiers essais d'un leak du DLSS 5 qui semble confirmer les craintes des joueurs

Après des mois de silence depuis sa présentation qui avait globalement fait un tollé, le DLSS 5 a tout récemment fait parler de lui via un leak. Plus précisément, la technologie était présente dans une librairie dll de NBA 2K27 fraîchement sorti, et des joueurs ont ainsi pu récupérer ces fichiers pour travailler sur un logiciel officieux, baptisé RenoDX, permettant de les faire fonctionner sur d'autres titres, mais forcément dans leur version PC. On peut ainsi constater que cette nouvelle itération du produit de NVIDIA comporte 7 presets qui appliquent de manière plus ou moins aggressive le « filtre IA » tant décrié à son annonce.

Les joueurs qui ont pu récupérer le logiciel officieux ont ainsi pu essayer le DLSS 5 pour voir ce que ça donne sur les versions PC de différents titres comme Control, Cyberpunk 2077, The Last of Us Part 2, Final Fantasy 7 Rebirth ou encore Kingdom Hearts 3, entre autres exemples. Sur les deux titres de Square Enix, le résultat est proprement terrifiant, la technologie de supersampling essayant de rendre photo réaliste des jeux avec une direction artistique qui n'est clairement pas compatible.

Sur les jeux avec des modèles plus « réalistes » comme Control ou The Last of Us Part 2, les rendus proposés par cette version précoce du DLSS 5 sont moins affreux, mais restent d'une qualité relativement discutable. Dans le cas d'Ellie sur l'image ci-dessous, des utilisateurs trouvent que le filtre la fait « vieillir pour paraître avoir 40 ans ».

Une technologie amenée à évoluer, mais qui creuse encore le fossé entre les plus fortunés et les autres ?

Autre point qui a conforté les joueurs dans leur méfiance envers ce leak du DLSS 5 : le fait que la technologie soit affreusement gourmande. Alors qu'elle devrait a priori être exclusive aux RTX 5000, certains ont réussi à la faire tourner sur des cartes graphiques NVIDIA de générations précédentes. Dans le cas par exemple d'une RTX 3080, un utilisateur a relevé dans un test sur Deep Rock Galactic des performances passant de 138 à... 5 fps. Sur des RTX 4000, cette chute en activant cette version précoce du DLSS 5 est moins violente, mais les testeurs ont tout de même signalé une perte de 40 à 50% au niveau du framerate par rapport à la version 4 de la technologie de NVIDIA.

Il convient de rappeler toutefois que ce leak du DLSS 5 présente une version précoce de la technologie de NVIDIA, qui n'est a priori pas représentative de ce qu'elle sera réellement à sa sortie. IA oblige, celle-ci devrait par ailleurs progressivement évoluer et devenir de plus en plus malléable afin de gommer cet aspect « filtre AI slop » qui a tant fait polémique. Sur la vidéo de Cyberpunk 2077 ci-dessous, on peut par exemple voir des résultats plutôt impressionnants, qui viennent encore renforcer la direction artistique volontairement photoréaliste que voulait proposer CD Projekt RED.

Ce qui ne risque en revanche pas de changer, c'est la politique très exclusive et fermée de NVIDIA, qui devrait en principe verrouiller l'accès au DLSS 5 à ses cartes graphiques RTX 5000. Soit ses modèles les plus onéreux, et qui actuellement sont à des prix encore plus indécents en raison de la pénurie de composants qui fait actuellement des ravages... au profit des data centers servant à alimenter l'IA. Une forme de cercle vicieux, qui risque d'impacter encore le pouvoir d'achat des particuliers pendant des mois, voire des années...

Sources : X.com ; YouTube